Monségur, une bastide caractéristique

Dans le Sud-Ouest de la France, une bastide est une ville créée ou aménagée au moyen âge selon un plan orthonormé, où la place centrale joue un rôle prépondérant. 

Les bastides ont été fondées par un seigneur, essentiellement de 1222 à 1373, au cours d’une période de croissance démographique, pour développer les échanges, établir une administration, contrôler la population, se positionner aussi face à un rival. Certaines de ces bastides, comme Monségur, établies sur un site défensif, ont également une vocation stratégique.

Une charte accompagne la fondation en précisant ce que le seigneur octroie, ceratins aspects juridiques et quelles seront les obligations de la communauté.        

On compte environ 280 bastides dans le Sud-Ouest de la France. Montauban, fondée en 1144 serait une des toute premières.

Dans le cas de Monségur, la charte est signée le 26 juillet 1265 par Eléonore de Provence, femme d'Henri III Plantagenêt. Les Plantagenêts ont choisi un site défensif, (Monségur a pour étymologie Mons securus, le mont sûr), mais la bastide de Monségur, comme les autres bastides, est conçue pour faire du commerce. La largeur des axes principaux, exceptionnelle pour cette époque où les rues sont étroites, avec des maisons à encorbellement pour réduire l'espace à protéger, montre bien la volonté de faciliter les charrois et donc le commerce.

Les Plantagenêts donnent à chaque famille un lot à bâtir, un estiron pour le jardin, une concade pour la vigne, et ce qu'une paire de bœufs pourra défricher en un an.

L'égalité des parcelles attribuées entraîne, du moins à la création, une égalité entre les familles qui viennent s'établir tout en facilitant le prélèvement des redevances.

Les jurats ou consuls qui représentent la communauté font les statuts relatifs à la vie quotidienne.

Charte d'Edouard en latin (1267) : les bourgeois auront "ce qu'une paire de bœufs peut défricher en un an, un jardin, un lopin pour la vigne..."

Charte d'Eléonore en gascon (26 juillet 1265).

"Une place pour construire une maison et que chaque place ait 4 estatz de large et l'estat est de 6 pieds, et 12 estatz de long"



Le plan est adapté à la topographie du lieu. La régularité du parcellaire est encore visible. En bleu, les bâtiments publics : l'ancienne halle, l'hôtel de ville, l'église et l'hôpital.

Au nord, l'espace non bâti correspond aux jardins intra muros, au sud-est à l'ancien cimetière. La pointe ouest n'a pas été complètement lotie, mais les remparts entouraient l'ensemble.

Plan de 1835. Photo de François Carrazé.

Un des axes principaux dont la largeur permet actuellement une circulation à double sens et un stationnement unilatéral.

Un ruet, parallèle à une rue principale,  délimite la profondeur des lots à bâtir.